EUExtrait de l’interview de Louis Michel, député européen de l’ADLE, ex Commissaire au développement et à l’aide humanitaire de la Commission Barroso I, dans le magazine Le Taurillon.

21 janvier 2011
Marc-Antoine Coursaget
Pauline Gounaud

Interviewé après la conférence organisée par le groupe Spinelli, mercredi 12 janvier au Parlement européen, l’ancien Commissaire a bien voulu répondre à nos questions, avant d’évoquer la gouvernance économique de l’UE, sa puissance réelle et potentielle, sa politique étrangère en Russie et en Afrique notamment.

En ces temps de disette pour l’idée européenne, Louis Michel a voulu d’abord souligner le caractère essentiel du fédéralisme, affirmant la nécessité d’une gouvernance économique européenne pour la sortie de crise. Rejetant les critiques pesant sur la technocratie bruxelloise dont le rôle se limite selon lui à l’enregistrement et à l’application des décisions politiques prises responsables nationaux, il a reproché aux pseudo-grands Etats leur manque de courage politique et de lucidité face au besoin d’une politique économique véritablement européenne.

Le député européen et ex Commissaire européen a ainsi affirmé « le fédéralisme c’est l’avenir », plaidant en faveur de l’échelon européen pour sortir l’Europe de la crise actuelle. Appuyant les positions de Joshka Fischer en faveur d’un gouvernement économique européen qui colle à la zone euro il a expliqué : «  Il est entièrement illogique et tout à fait contre-productif d’avoir une monnaie unique dans un certain nombre de pays et de ne pas avoir collant cette monnaie unique un gouvernement économique qui recouvre la même zone ! ». Le problème actuel serait « les replis frileux de postures nationales, voire protectionnistes qui minent la qualité et l’efficacité des postures européennes ».

Vittorio Prodi notait que tout un chacun se plaint de la perte de souveraineté que représente la mondialisation. « En face d’un monde financier planétaire on a un non-Etat mondial », déplore Louis Michel : « La première réponse pour récupérer de la souveraineté face à ces puissances économiques et monétaires qui se comportent de façon dévoyée et perverse, et qui ne tiennent pas du tout compte de la démocratie ni des citoyens, c’est évidemment plus d’Europe ! Il est évident que l’Europe en tant que corpus institutionnel et politique peut domestiquer beaucoup mieux la mondialisation ! »

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